Les pièges du crédit revolving
Lundi 16 mars 2009
Le Gouvernement veut encadrer les crédits à la consommation
La ministre de l’économie devrait annoncer, ce lundi 16 mars, la réforme que le Gouvernement est prêt à engager pour encadrer les crédits à la consommation. Les grandes lignes en avaient été annoncées fin janvier :
- mettre un terme aux pratiques agressives en matière de publicité,
- restreindre les sollicitations trop pressantes envers les consommateurs,
- renforcer la responsabilité des sociétés de prêts ainsi que celle des emprunteurs.
Pour cela, il est question d’insérer dans la loi, tel que le prévoit la directive européenne sur le crédit à la consommation, d’une part l’obligation d’expliquer clairement dans les offres de prêts ce à quoi s’engage l’emprunteur, d’autre part d’évaluer réellement la solvabilité de l’emprunteur.
Une enquête faite par l’UFC-Que Choisir, publiée le 13 mars, constate que dans 72% des cas les marchands de crédits inciteraient les consommateurs à s’engager sur un crédit revolving permanent, alors que cette forme de crédit n’est pas du tout adaptée au besoin d’un emprunteur désirant financer l’achat d’un bien. Cette enquête a été faite en se mettant dans la peau d’un ménage souhaitant remplacer son électroménager pour un montant de 2.500 euros. Les enquêteurs ont été voir les établissements de crédits spécialisés, les banques et les lieux de vente (Auchan, Darty, Galeries Lafayette, Ikéa, etc.). Pour ce type de consommation, ce sont des crédits « affectés » qui auraient dû être proposés aux emprunteurs, le crédit revolving devant se limiter à résoudre un problème de trésorerie ponctuel.
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Plus grave, pratiquement aucun des marchands de crédits : établissements spécialisés ou sur les lieux de vente, n’ont donné d’informations claires concernant le prêt proposé et n’ont pas davantage vérifié la solvabilité de l’emprunteur.
l’UFC-Que Choisir, soutenue par 160 parlementaires, réclame donc 5 points à intégrer à la loi encadrant le crédit, pour que ne soient plus possibles des crédits toxiques, dangereux pour les consommateurs, surtout les plus vulnérables.
- interdire le démarchage,
- améliorer la clarté et la lisibilité des publicités et des contrats de crédits,
- obliger les conseillers à vérifier la solvabilité des emprunteurs pour lui proposer un crédit adapté,
- interdire le crédit revolving sur les lieux de vente,
- interdire l’association d’une réserve d’argent à la délivrance d’une carte de fidélité ou de paiement.
Le danger du crédit revolving
Les associations de consommateurs constatent que 84% des dossiers de surendettement comportent ce type de crédits permanents. Il faut dire que les taux des crédits revolving, ou crédits renouvelables, vont de 13 à 20% (limite du taux d’usure), alors que les prêts classiques ont des taux variant de 4,5 à 9,5%. Les crédits revolving ont été créés à l’origine, non pas pour servir de crédit à la consommation, mais pour des catégories socioprofessionnelles aisées devant faire face à des décalages de trésorerie. Or, compte tenu de ce que rapportent ces crédits aux établissements de crédits, beaucoup n’ont aucun scrupule à inciter les populations les plus fragiles à s’endetter avec ces crédits chers.
Il faut également se méfier de certaines propositions de paiements en « trois fois sans frais », attachées aux cartes de certains magasins car elles proposent en réalité une réserve d’argent. Cette réserve d’argent n’est autre qu’un crédit revolving. D’après l’enquête de l’UFC, beaucoup de clients n’ont pas conscience de contracter un crédit revolving en prenant la carte de fidélité d’un magasin.




