Responsabiliser le crédit revolving
Mardi 25 novembre 2008
Une loi pour un crédit revolving « responsable »
Pour lutter contre le surendettement, le sénateur de l’Oise Philippe Marini, Rapporteur Général de la commission des finances et du contrôle budgétaire, a déposé jeudi dernier une proposition de loi visant « un encadrement de la publicité sur le crédit, l’interdiction de pouvoir signer un crédit renouvelable dans une grande surface ou encore l’instauration d’un délai de réflexion de huit jours pour les particuliers ». Il demande que ce projet de responsabilisation de ce type de crédits revolving soit adopté dans les plus brefs délais.
L’association de défense des consommateurs UFC Que Choisir souligne que cette proposition est « un premier coup d’arrêt porté aux crédits revolving ». Elle souhaite aussi que cette mesure destinée à freiner la mise à la disposition du consommateur de réserves d’argent à un taux d’intérêt variable soit adoptée en urgence. Elle considère que le type de crédit revolving, ce sont « les prêts toxiques du consommateur ».
Le CLCV, association de Consommation Logement et Cadre de Vie, approuve également la proposition du sénateur Marini qui doit mieux encadrer le crédit à la consommation. Elle estime qu’une « responsabilisation des prêteurs à tous les stades de la relation, de la publicité à l’octroi du crédit, est indispensable ». Les associations de consommateurs estiment en effet qu’à l’heure actuelle les crédits revolving sont souvent attribués sans discernement et sont trop faciles à obtenir. Alors, comme le risque d’impayés est fort, les sociétés de crédit et les banques gonflent le taux d’intérêt qui devient ainsi très près de taux d’usure.
Pourtant, lorsque les familles sont en difficulté, confrontés à des fins de mois difficiles, les crédits revolving leur donne une bouffée d’oxygène. Mais cela ne dure pas longtemps. Elles peuvent très vite se retrouver asphyxiées par des mensualités de crédit qu’elles n’arrivent plus à assumer. En clair, on peut dire qu’il faut une alternative à des crédits revolving dangereux en proposant des offres de prêts mieux adaptées et économiquement plus faciles à supporter pour l’emprunteur. Il en va de la responsabilité des établissements bancaires, mais aussi des pouvoirs publics pour encadrer les crédits renouvelables et limiter l’endettement des ménages.
Attention à la « carte crédit revolving » !
Un peu comme une « carte magique », la carte de crédit revolving est « rechargeable ». Elle permet de régler très simplement, sans compter, des achats y compris à l’étranger. Cette facilité pousse à la consommation donc au surendettement. Les taux liés à ces facilités vont de 13 à 20%. Ce qui veut dire concrètement que pour 100 euros d’achats, 20 euros seront aspirés par l’établissement bancaire en taux d’intérêts.
Une étude a montré que pour environ 80% des dossiers de surendettement qui sont déposés, un crédit revolving avait été contracté et le consommateur utilisait la carte associée à ce crédit.
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