Argent facile, surendettement… rachat de crédits !
Jeudi 7 mai 2009
Quand le surendettement est là…
Aujourd’hui, ce sont actuellement 932.000 Français qui se retrouvent en situation de surendettement. Il serait faux de croire que l’on trouve essentiellement des personnes abusées par « l’argent facile » dans ces dossiers de surendettement. Pour près de 80%, ces situations sont dues à l’obligation de faire face aux dépenses de la vie courante.
L’une des causes majeures du surendettement c’est le « crédit facile », appelé crédit revolving, crédit renouvelable ou crédit à la consommation. Ce sont des crédits qui s’obtiennent le plus souvent sans aucun examen de la situation financière de l’emprunteur, parfois sans même que celui-ci en soit conscient, avec le principe des cartes de fidélité de certaines enseignes. De plus, ces crédits se renouvellent au fur et à mesure que l’emprunteur les rembourse… Près de 80% des personnes surendettées disent qu’on leur a systématiquement proposé de recourir à ces types de crédits, parfois sans aucun besoin, à la simple ouverture d’un compte bancaire, sachant que les conseillers financiers des banques sont également rémunérés sur les crédits qu’ils réussissent à placer à leurs clients. On estime à l’heure actuelle que 9% des ménages auraient une moyenne de 8 crédits révolvings.
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Quelques conseils pour éviter le surendettement
Le premier conseil pour éviter le surendettement est d’établir un budget des dépenses courantes, programmées par dates d’échéances, de le suivre au jour le jour pour éviter de se laisser surprendre et de devoir emprunter pour payer loyer, téléphone, assurances…
Le second conseil est de faire en sorte de ne jamais dépasser 30% des salaires du foyer aux remboursements de crédits divers.
Un conseil de prudence est aussi de se constituer, sur un compte à part, une petite réserve alimentée chaque mois pour être en mesure de faire face à des dépenses imprévues ou des coups durs.
Autre alerte au danger, fuir systématiquement les offres de crédits revolving ou autres crédits permanents y compris celles attachées à des cartes de fidélité lors d’achats de divers matériels comme les télés, ordinateurs, etc. ou qui proposent un paiement en 3 fois sans frais. Ces offres sont à fuir expressément ! En effet, le consommateur, à qui l’on demande de fournir un RIB, s’engage ainsi à son insu dans un mécanisme de crédit à la consommation.
Dernier conseil : n’avoir qu’un seul crédit, beaucoup plus facile à « suivre » qu’une série de petits crédits diversifiés se présentant à échéance à des dates différentes.
Un seul crédit, passer par le rachat de crédits
Même si l’établissement de crédit ou la banque doit faire une opération intéressante en acceptant le rachat des crédits de son client, cette solution reste avantageuse pour l’emprunteur, d’autant que lorsqu’une personne surendettée passe en commission de surendettement, elle est fichée ce qui ne facilitera pas son autonomie financière. Le rachat de crédit évite ce fichage.
Le rachat de crédit peut être actuellement doublement opportun car il doit suivre la baisse des taux de crédits qui sont aujourd’hui descendus à 4,3% dans l’immobilier. Le rachat de crédit est un crédit comme un autre, soumis aux mêmes mécanismes que les autres types de crédits. Ce sont les mêmes indices Euribor et autres TEC qui servent à en déterminer les taux, qu’ils soient fixes ou révisables. Il ne faut donc pas hésiter à négocier auprès de sa banque, voire mettre plusieurs établissements bancaires en concurrence, même s’il ne faut pas attendre pour le rachat de crédit le même taux de 4,3%. En effet, l’immobilier est un produit bancaire plus rentable pour la banque que le rachat de crédits car il oblige l’emprunteur à une ouverture de compte, à la souscription d’assurances et autres produits financiers. On doit cependant pouvoir obtenir des taux autour de 5,3% pour une opération de rachat de crédit bien négociée.
Un projet de loi pour mieux encadrer les crédits à la consommation
Lutter contre le surendettement est un objectif du Gouvernement. Le 22 avril, la ministre de l’Economie a déposé un projet de loi pour mieux encadrer les crédits à la consommation. La réforme vise principalement les crédits revolving dont le taux moyen frôle le taux d’usure, soit 20%. En mars, la Banque de France a enregistré un recors du nombre de dépôts de dossiers de surendettement, soit 21.747 dossiers.
Comme ce sont les crédits renouvelables, crédits revolving et autres types de crédits permanents à la consommation qui sont le plus souvent à la source des dossiers de rachat de crédits, le plan de réforme du Gouvernement visant les crédits à la consommation, englobe également le fonctionnement du rachat de crédits. Il stipule en effet que « …le rachat de crédits qui permet à une société de regrouper l’ensemble des crédits d’un emprunteur sera plus réglementé ». Même si cette notion reste floue.




